Inter-sociétés mycologie organisé par le Groupe Nature de Faverges le 09.10.21

Nous nous sommes retrouvés nombreux au parking des Combes et nous avons formé plusieurs équipes pour aller explorer les forêts des environs.

Inter-sociétés mycologie organisé par le Groupe Nature de Faverges le 09.10.21Inter-sociétés mycologie organisé par le Groupe Nature de Faverges le 09.10.21
Inter-sociétés mycologie organisé par le Groupe Nature de Faverges le 09.10.21

Nous voici dans la forêt mixte (résineux et feuillus) du lieu-dit " Pré Grobet" à 790 m d'altitude, où il y avait quelques espèces intéressantes.

Cortinarius largus  Syn. C. lividoviolaceus = Cortinaire large - A rejeter

Cortinarius odorifer = Cortinaire à bonne odeur - A rejeter  Odeur forte et nette d'anis

Guepinia helvelloides = Guépinie en helvelle -A rejeter

Trichaptum abietinum   = Tramète lilas, Polypore du sapin - A rejeter Consistance de bois

Hemimycena lactea = Mycène blanc de lait - A rejeter

Marasmius wynneae = Marasme globuleux - A rejeter -

Odeur et saveur de moisi

Armillaria ostoyae = Armillaire d'Ostoya - Toxique

Pousse en grosses touffes sur souches et troncs de conifères. Sporée blanche

Paxillus involutus = Paxille enroulé - Mortel 

Bord du chapeau enroulé strié. Lames détachables. Sporée sombre

A proximité de Pré Grobet, guidés par Odile, nous avons pu visiter la fosse à l'ours.A proximité de Pré Grobet, guidés par Odile, nous avons pu visiter la fosse à l'ours.

A proximité de Pré Grobet, guidés par Odile, nous avons pu visiter la fosse à l'ours.

Ce texte édifiant, au sujet des derniers ours, nous a été transmis par Monique Magnouloux que je remercie.

Les derniers ours du Pays de Faverges

          Le 13 août 1921, au col Montjoie en Lauzière, près du col de la Madeleine, était tué le dernier (?) ours des Alpes Françaises. C’était une vieille femelle aux dents usées. Moins de deux ans plus tôt (2 nov. 1919), une autre avait subi le même sort non loin de là, au Petit Cucheron près d’Aiguebelle.

          Les dernières bêtes avaient traîné jusque là misère et solitude entre les grandes forêts des Hurtières en Basse Maurienne et celles proches des Bauges du Nord-Est. Ces Bauges précisément où ils étaient encore très présents quelques trente à cinquante ans plus tôt. En effet, ce ne sont pas moins de vingt-trois ours qui vont disparaître dans la seule région de Faverges entre 1852 et 1893. Celui qui allait clore la liste pour la Haute-Savoie sera tué à Doussard. La bête dérangeante avait, c’est le moins qu’on puisse dire, été trop « dérangée ». Le territoire jadis fréquenté qui nous intéresse, s’étend du vallon de Tamié et son versant Dent de Cons-Belle Etoile à la Sambuy, vallon de St Ruph, combe d’Ouche (Giez) jusqu’à la Combe d’Ire, le Charbon et le vallon de Bornette.

          Osons pourtant imaginer une rencontre au détour d’un sentier avec ce marcheur, grand vagabond solitaire. Frayeur garantie d’autant plus s’il est debout, une position prise occasionnellement pour observer au loin ou « prendre le vent ».

          Pour preuve de son existence, il nous a laissé ses « traces » durables sur le terrain. On connaît trois Pas de l’Ours indiqués sur les cartes entre 1250 et 1750 m d’altitude. L’un à la Sambuy (versant Nord-Est), un autre sous la Pointe des Auges et le dernier entre Planay et Charbonnet. C’étaient leurs passages habituels pour franchir la ligne de crête entre deux versants, à la recherche de nourriture ou en période de rut. Mais aussi pour « changer d’air » lorsque le danger menaçait.

          On trouve également d’autres lieux-dits dont il est à l’origine, comme Orsière, Comburce, dans la région Sud des Bornes-Aravis-val d’Arly où subsistait un autre noyau de population. Mais encore Comborsier en Beaufortain, Vallorcine, Norcières, Orsin etc…. sans compter les « Pré, Bois, Combe ou Grotte » de l’Ours.

          Son biotope dans les Alpes était la forêt sauvage de moyenne altitude type hêtraie-sapinière avec sous-bois buissonneux, entrecoupée de gorges profondes, escarpements rocheux où il trouve refuge et nourriture, bordée en limite supérieure de pâturages régulièrement visités.

          L’ours brun, plus grand carnivore d’Europe, est végétarien à 70% ; ses molaires non coupantes n’en font pas un vrai carnassier. C’est un plantigrade - qui marche sur la plante des pieds - ; malgré son allure débonnaire et un peu pataude, il est très agile pour grimper et peut galoper à 50 km/h. Cet animal puissant aux griffes redoutables (5 à 7cm) est tout à la fois habile, rusé et patient. L’ouie et l’odorat sont excellents mais la vue médiocre. Il peut vivre une trentaine d’années (si on lui en laisse le temps).

          Pouvant largement dépasser 150kg pour un grand mâle (Europe de l’Ouest), son poids moyen à la naissance n’est que de 300gr, soit 500 fois moins qu’un adulte. La mauvaise saison, de mi-décembre à fin mars, se passe au fond d’une tanière. Généralement c’est une grotte naturelle, faille rocheuse ou une grosse souche renversée en un lieu peu accessible. Il va y rester à jeun tout l’hiver, vivant sur ses réserves de graisse, en état de somnolence ; il s’assoupit mais ne dort pas (la respiration et les battements du cœur sont très ralentis). Au besoin, si le temps est doux, une ou plusieurs sorties peuvent être effectuées. La femelle –réveillée pour la bonne cause- y donne naissance au cœur de l’hiver à un ou deux (rarement trois) oursons aveugles et nus dans une sorte de nid qu’elle aura aménagé.

          Son régime alimentaire est celui d’un parfait omnivore, c’est-à-dire qu’il mange à peu près de tout. Les fruits forestiers, baies, plantes diverses, racines et bulbes, tiges épaisses d’ombellifères, champignons constituent la base de ses repas. Pour équilibrer ses menus, il a besoin d’une nourriture carnée, soit animaux jeunes, déficients ou blessés (ongulés et marmottes), charognes à l’occasion et, plus souvent, petits rongeurs, grenouilles, insectes et larves. En toute logique, l’ail des ours (pour se purger ?) et les baies du raisin d’ours ou busserolle, pour s’offrir une petite douceur….

          Mais pour son malheur il venait marauder au cours d’incursions nocturnes prunes (mourir pour des prunes !), pommes, poires, raisin et céréales encore vertes. Grand amateur de miel et du couvain des abeilles, il ne pouvait y résister longtemps. Les ruches non plus d’ailleurs…. Là c’en était trop, l’ours devenait l’indésirable prédateur à éliminer surtout lorsqu’il s’en prenait au cheptel domestique, chèvres ou brebis plus faciles à capturer.

          On lui mena donc la vie dure à cause de ses méfaits qu’on a souvent exagérés. Il fut déclaré nuisible à partir de 1844 ; hélas à cette époque les armes à feu, conséquence des guerres de la république et napoléoniennes s’étaient largement propagées. L’idée de protection n’était pas dans l’air du temps, ni dans les esprits.

Les préfets et les maires vont pouvoir dès lors intensifier les battues. Pour l’anecdote voici en résumé le compte-rendu de l’une d’entre elles – décidée bien avant le décret -, enregistré aux Archives Départementales de la Haute-Savoie.

Le 26 thermidor de l’an XIII (août 1805), les maires de trois communes du canton, suite « aux ravages affreux de quantités d’ours », organisent une battue dans la montagne de la Sambuy. Toutes personnes sachant tirer un coup de fusil sont conviées. Les tartarins de Faverges et alentours allaient sévir. Le chanoine Duport, grand chasseur, avait par excès de zèle fait monter au chalet de l’Aulp de Seythenex force « provisions de bouche » et vin du Bogon. Cette partie de chasse rocambolesque, par ailleurs illégale, dura trois jours et se termina lamentablement sous l’averse par la prise …. d’un petit chamois et d’un procès-verbal du brigadier de gendarmerie. On avait vendu la peau de l’ours…..

          Autre récit : une mère ourse et ses deux petits venant de la forêt de l’Arpette avait « attaqué » un habitant de St Ferréol occupé à faire du bois près de la dite forêt. Il ne dut son salut qu’en fuyant par ravins et précipices où il fut laissé pour mort, et en était encore malade plusieurs jours après.

L’ours assurément fait peur, même s’il évite l’homme qu’il craint (et pour cause), sauf si sa progéniture lui parait être menacée.

Les accidents étaient toujours le fait d’animaux en captivité.

          Chassé encore à l’affût, poursuivi à la trace dès les premières neiges, assailli à sa tanière, l’ours était en train de disparaître, victime de la persécution des hommes.

La liste des victimes est longue : deux oursons tués à Seythenex en 1852. A Giez, quatre ours adultes en 1860 et un à Lathuile. Encore un à Giez en 64, deux en 65 à Frontenex (Faverges) par Mrs Falcy, Delavy et un surnommé Martin ! En 1867 un sixième à Giez, plus un venu faire une orgie de raisins dans les vignes de Verthier, par Mr Bernex. En 69 ou 70, puis en 71, deux autres dans la Combe d’Ire. Vers 77 ou 78, une nouvelle victime au dessus de Doussard par les gardes forestiers Mrs Ribet et Sallaz. Le 3 décembre 1880, les gardes Visou, Sallaz et Berthod de retour d’une tournée au Planay aperçoivent près de la « Fontaine du Fayard » des empreintes sur la neige et les suivent jusqu’à une tanière ; une ourse et ses deux petits sont abattus (Revue des Eaux et Forêts, févr. 1881).

La même année deux autres, l’un toujours dans la Combe d’Ire, par Mrs Rulland, Coppier, Falcy ; le deuxième dans les vignes du Villard par Mr Berger. En 1882, Mr le Comte de Chevron-Villette en tue un (son second) dans la forêt de Giez dont la dépouille naturalisée est conservée en son château. En 87 encore un à Seythenex (Mrs Gonthier, Falcy, Suscillon). Et pour terminer, celui qui allait être le dernier de notre canton et département, le 19 décembre 1893 dans la forêt de Charbon, un ours mâle était tué dans sa tanière de cinq coups de feu par Mr de Boigne de Chambéry accompagné des gardes Visou et Falcy. Monsieur le Comte possédait enfin « son » trophée tant convoité. Il pesait 153 kg et fut débité à 5 frs le kg dans une boucherie annécienne.

          On aura remarqué un fait ; ce sont souvent les gardes forestiers les auteurs de ces « chasses ». Protégeaient-ils la forêt contre les attaques des dangereux plantigrades ? C’est dans la Combe d’Ire, surnommée « forêt vierge » de Doussard, leur dernier refuge, qu’il se tua le plus d’animaux. La route forestière, ouverte en 1857 pour exploiter les bois, en accéléra peut-être le déclin. Auparavant un sentier muletier conduisait au col de Chérel. Une ourse (ou son fantôme) avec deux oursons y auraient été aperçus en 1908.

          A la même époque, il sera également piégé avec un engin aux mâchoires impressionnantes ; ou capturé vivant à la fosse, une technique très ancienne remontant à la préhistoire. Ces fosses restent des témoins présents inscrits dans notre terroir. Une douzaine de celles-ci sont recensées en Haute-Savoie, dont cinq en Chablais, deux en Faucigny et trois en Bauges. Parmi ces dernières, ce sont les deux « nôtres » les mieux préservées. L’une près d’Arnand, commune de Doussard, au lieu-dit Crêt-Lachat, à 670 m d’altitude. Elle est construite en pierres maçonnées tel un puits au ras du sol d’un diamètre de 1, 50 m. L’autre à Montangelier (765 m) au-dessus d’Englannaz, dont l’orifice, constitué de larges dalles verticales, mesure 1 m x 1,30 m, est profonde de 3,80 m. Toutes deux sont évasées vers le bas et creusées sur le passage présumé des animaux. L’ouverture (la « gueule ») en était soigneusement dissimulée sous un lit de branchages, mousses, feuilles devant céder sous le poids de l’animal. On disposait par-dessus un appât, miel, viande ou fruits, car la bête est très méfiante mais gourmande. Dans cette dernière fosse, un système à bascule relié par un fil d’acier à une clochette, avertissait lors d’une prise les quelques chaumières distantes de 150 m, aujourd’hui en ruines. La dernière de ces masures qui appartenait à mon grand-père eut son toit effondré par la neige au cours de l’hiver 1983-84 et, pour faire bonne mesure, fut rasée au « bull » et servit à empierrer une piste. Trois ours y auraient été pris ? Un ancien de Faverges racontait avant 1967 que son père, à l’âge de dix ans, avait eu une forte émotion lorsque les cloches sonnèrent pour annoncer la nouvelle : « l’ours est pris à Montangelier ». Cela prouverait que c’était malgré tout un évènement. Les captures devaient être fort rares et ne passaient pas inaperçues. On a raconté qu’un bauju s’en retournant de la foire ou (c’est selon) un bûcheron bergamasque en goguette auraient fait tinter la clochette ! Ce qui est sûr, c’est qu’avant d’être clôturée, un jeune chevreuil, puis un marcassin étourdis se sont retrouvés au fond et sauvés in extremis.

          Harcelé de toutes parts, l’ours ne put sauver sa peau et sa disparition était devenue irréversible. On ne le reverra sans doute jamais en Savoie *. A-t-il encore sa place dans notre environnement ? De nos jours, il n’y a plus d’espace assez vaste à l’écart des routes, pistes (forestières ou autres), stations pouvant l’accueillir et garantir sa tranquillité. Les bergers de nos alpages, avec juste raison, ne verraient pas sa présence d’un très bon œil. Difficile de concilier protection d’une certaine faune sauvage et activités humaines de notre temps.

          L’animal légendaire fait désormais partie de notre histoire locale pas si lointaine ; à peine plus de cent ans. Il se rappelle toutefois à notre bon souvenir dans le langage courant ; au choix, nounours, ours mal léché, vieil ours, tourner comme un ours en cage…. Notre étoile polaire appartient à la constellation de la « Petite Ourse ». Jamais mésestimé comme le loup, l’ours, avec son air sympathique et ses attitudes presque humaines a inspiré de nombreuses légendes, fables et contes pour enfants. L’adorable et rassurante peluche de notre enfance a pour origine un ourson qui eut la vie sauve lors d’une partie de chasse. L’histoire se passe en 1902, le président Théodore (Teddy) Roosevelt, invité à celle-ci, baissa son arme devant le pauvre animal. On confectionna et vendit des nounours baptisés « Teddy bear » (célébrité oblige) ; la suite est connue.

          Randonneurs, naturalistes de tous poils, cueilleurs de champignons, partez l’esprit tranquille, l’émotion n’est plus au programme.

Noël Baschenis (Bulletin annuel 2006 du Groupe Nature)

                                           (Noël est décédé en 2020)

*Présent en Italie (Trentin 15 ind., PN des Abbruzes env. 60) il vient de faire une réapparition récente et remarquée en juillet 2005, après un siècle d’absence dans le canton des Grisons, au Sud-Est de la Suisse. (Dauphiné libéré du 9 août)

Sources :

Billebaude dans les Alpes. J.Bouvet

Chasses et gibiers de Haute-Savoie. FDCHS 1988

L’ours, seigneur des Pyrénées. F.Merlet 1971

Le gibier des montagnes françaises. M.Couturier 1964

Divers documents …..

 

Paniers garnis, nous voici de retour au lieu de R.V. pour un apéritif bien garni et un casse-croûte en commun, suivi de la détermination des cueillettes d'une trentaine de personnes. Ce qui donne beaucoup d'espèces, malgré le semblant de pénurie dû à la sécheresse de la semaine précédente.

 Beaucoup de monde autour des tables pour l'apéritif convivial.

Dernière phase de la rencontre autour des champignons étalés par famille sur une grande table.

Les spécialistes se creusent les méninges, argumentent leur point de vue. Les moins experts essayent de suivre les explications. Les discutions vont bon train.  

 

Ci-dessous, l'article paru sur le D.L. de la Haute-Savoie. Petite erreur de la journaliste ne ce qui concerne les cueillettes. Elles ont toutes été faites aux alentours des Combes.

 

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